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dimanche 1 janvier 2017

Positive, de Paige Rawl



Titre : Positive
Auteurs : Paige Rawl
Co-écrit : avec l'aide d'Ali Benjamin

Genre : Témoignage, YA
Maison d'édition : Hachette
Date de sortie : 26 octobre 2016
Nombre de pages : 397
Prix : 17€


"Un beau témoignage, prenant et à la portée de tous, avec de beaux messages."




J’ai reçu ce livre en format numérique de la part du site NetGalley ainsi que de la maison d’éditions Hachette que je remercie pour leur confiance.

Ce livre m’a intéressée de part son sujet. On y retrouve Paige Rawl, l’auteur, une jeune femme, dans un témoignage sur ses années scolaires.
Paige possède une particularité : elle est séropositive. Sa mère a été contaminée par le VIH par le père de Paige, mort du SIDA, et si elle n’est elle-même pas atteinte du Syndrome d’Immuno-Déficience Humaine (SIDA), donc une conséquence des suites de l’infection au VIH non prise en charge, elle a transmis le virus à sa fille Paige lors de sa naissance.

Rien de bien grave pour Paige et sa mère, qui n’ont qu’assez peu de conséquences directes de la présence de ce virus dans leur organisme. Elles respectent le traitement, et maintiennent donc la charge virale basse, à un stade où l’infection par le virus n’est pas dangereuse.
En revanche, la séropositivité de Paige ne va pas rester longtemps un secret dès lors qu’elle va la confier à sa meilleure amie Jasmine. Rapidement, les rumeurs vont de bon train, et tout l’établissement de Paige, alors jeune adolescente, va rapidement être au courant. Un dur moment pour la jeune fille, qui va subir des moqueries pendant longtemps, à l’image de son nouveau surnom, Paids, un jeu de mots avec AIDS, l’anagramme SIDA en anglais.
Ce véritable harcèlement scolaire, renié par l’établissement qui ne veut pas d’ennui et propose à Paige de “nier sa séropositivité, tout simplement”, va peu à peu détruire moralement la jeune fille, qui finit par se déscolariser.

De là, les problèmes ne s’arrangent pas, le procès contre le lycée traîne, et combiné avec l’isolement, Paige va aller jusqu’à faire une tentative de suicide. Elle est alors internée pendant près d’un an dans un centre de gestion du stress pour adolescents, où elle va faire des rencontres marquantes.

A sa sortie, Paige intègre un nouvel établissement scolaire, et commence à s’investir dans les droits des séropositifs, trouvant dans la compagnie des personnes atteintes du même virus qu’elle une nouvelle force. Elle part notamment à Camp Kindle, un camp de vacances qui regroupe des adolescents touchés par le VIH de près ou de loin, un moment marquant de sa vie.

J’ai beaucoup aimé ce témoignage courageux, qui pour moi informe de manière simple autant sur le VIH, la séropositivité, le SIDA, le harcèlement scolaire, …
Autant de thèmes récents et importants, et j’espère que ce livre pourra aider à faire changer les mentalités, et qu’il sera lu par le plus grand nombre de personnes.
J’espère que peu à peu, les enfants séropositifs arrêteront de se retrouver dans la situation de Paige, et que le personnel éducatif saura expliquer, notamment, la différence entre séropositivité et SIDA, et prendre des mesures de manière générale contre les cas de harcèlement scolaire.

Une des forces de ce livre est son accessibilité, il peut être lu par un jeune public adolescent, les termes sont bien expliqués, autant dans le récit de Paige que dans le lexique à la fin, qui invite le lecteur à se renseigner et à s’informer.
Le récit en lui même est facile à suivre et le personnage de Paige est attachant, on découvre une adolescente comme les autres, si on excepte ses visites de contrôle fréquentes à l’hôpital, mais qui va complètement se faire détruire par le harcèlement qu’elle va subir.
Ce récit n’en reste pas moins un récit d’espoir, qui nous apprends à ne jamais renoncer. Paige a décidé de faire des études pour militer pour les droits des séropositifs, est devenue animatrice de Camp Kindle, a participé à des concours de miss et a même écrit un livre ! Une belle découverte !

Ma note : 18/20

lundi 12 décembre 2016

Le Musée des Monstres, tome 1 : La tête réduite, de Lauren Oliver et HC Chester, illustré par Benjamin Lacombe


Titre : Le Musée des Monstres, tome 1 : La Tête réduite
Auteurs : Lauren Oliver & H.C. Chester
Illustrateur : Benjamin Lacombe

Genre : Jeunesse
Maison d'édition : Hachette
Date de sortie : 5 octobre 2016
Nombre de pages : 352
Prix : 15,90€


"Un roman jeunesse léger, sans grandes surprises, mais bien adapté à la période d'Halloween, accompagné de belles illustrations."



J’ai pu lire ce livre en format numérique à sa sortie grâce au site Netgalley.
En cette période d’Halloween, je m’étais laissée tentée par ce petit roman jeunesse fantastique à l’histoire de circonstances, motivée de plus par la promesse d’illustrations de Benjamin Lacombe.

« Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey, venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! » Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde, Philippa, la médium, Thomas, l’acrobate et assistant du magicien…

Le musée de Dumfrey, à cheval entre cabinet de curiosités et cirque fantastique, héberge ces enfants dont les talents circassiens cachent des capacités surnaturelles : force herculéenne, voyance, ...
Mais à l’arrivée d’une quatrième orpheline, Max, une lanceuse de couteau au caractère bien trempé, les choses vont évoluer. Dumfrey vient d’acheter une mystérieuse tête réduite à laquelle on va bien vite attribuer des talents maléfiques, censée redynamiser l’affaire qui commence à s’effondrer. Rapidement, cette tête va être subtilisée.

Les quatre enfants, se rendant compte de l’impasse dans laquelle cette disparition les entraînent, décident de mener eux même leur enquête afin de remettre la main sur la tête réduite.
Cette enquête va les entraîner dans les bas fonds de la ville, entre criminels, mystères vieux de plusieurs années et malédiction.

J’ai trouvé cette lecture jeunesse fraîche et dynamique, bien adaptée à Halloween, même pour un lectorat un peu plus âgé mais pas trop friand de grands frissons.
On s’attache assez vite aux différents personnages, surtout Max et Thomas, les plus mis en avant par les auteurs. Ce sont des enfants intrépides et courageux, mais qui n’en reste pas moins relativement crédibles pour leur âge, ce qui n’est pas toujours évident en littérature jeunesse, où l’on se retrouve régulièrement face à des enfants qui n’en ont que le nom...
L’histoire en elle même et son enquête en revanche n’ont pas su me satisfaire pleinement, avec des éléments assez prévisibles et un méchant qui manquait quelque peu d’originalité.

Les illustrations de Benjamin Lacombe sont malheureusement un peu rares, se limitant à des portraits des personnages principaux de l’histoire. Elles n’en sont pas moins comme toujours superbes, et font leur effet dans l’objet livre.

En résumé, une lecture jeunesse plutôt légère et bien adaptée à la période d’Halloween, accompagnée de jolies illustrations, même si l’histoire reste sans grande surprise d’après moi. Je lirai malgré tout la suite avec plaisir.

Ma note : 14/20

mardi 19 juillet 2016

Sweet Sixteen, d'Annelise Heurtier


Titre : Sweet Sixteen
Auteur : Annelise Heurtier

Genre : Jeunesse Historique
Maison d'édition : Casterman
Date de sortie : 2013
Nombre de pages : 214
Prix : 6€50


"Un roman jeunesse sur la ségrégation, fidèle et donc intéressant sur le plan historique mais un peu trop en surface pour moi."




Etant dans une grande phase d’envie de littérature sur la ségrégation, je me suis laissée conduire par certaines recommandations afin de lire ce qui m’a été présenté comme la version jeunesse de La Couleur des Sentiments, rien que ça !

Rentrée 1957.
Le plus prestigieux lycée de l'Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l'aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.  

Sweet Sixteen est donc un roman jeunesse, inspiré de faits réels, et dont l’histoire prends place autour de la rentrée de septembre 1957 aux Etats-Unis. Quelques années après le Brown VS Board of Education of Topeka de 1954, l’arrêt de Cour suprême des Etats-Unis donnant droit à la même éducation pour tous les enfants quelque soit leur couleur de peau, 9 étudiants noirs vont entrer dans le lycée régional de Little Rock, dans le sud ségrégationniste des USA.

On y suit deux jeunes filles, Molly, une jeune noire qui fait partie des 9 et autour de qui pleuvent les insultes et menaces, et Grace, une jeune blanche de la classe où Molly arrivera, qui rêve de parader au bal de fin d’année en compagnie du frère de son amie.
Rien ne les rapprochent au départ si ce n’est qu’elles rêvent toutes deux de la fête que l’on organisera pour leur seizième anniversaire, leurs sweet sixteen, au cours de l’année.

Grace n’est pas spécialement pour l’égalité entre les races, mais elle ne comprends pas pour autant pourquoi un tel acharnement est nécessaire, et elle décide de tendre la main à Molly, malgré toutes les représailles qui s’annoncent et ne tardent pas à arriver.

C’est un récit qui m’a beaucoup intéressée essentiellement par son aspect inspiré de fait réel, globalement très fidèle malgré les noms changés et détails ajoutés. En dehors de cet aspect, je dois dire que le roman reste malheureusement un peu trop jeunesse pour moi, du moins pour ce que j’avais envie de lire.
C’est une belle histoire, très intéressante à lire pour ceux qui ne connaissent pas spécialement le sujet, mais si on souhaite plutôt l’approfondir, je trouve que cela reste un peu trop en surface. Pour ma part, la biographie citée de l’étudiante dont est inspiré le personnage de Molly me conviendrait peut être mieux.

Je l’ai également trouvé un peu court pour vraiment m’attacher aux personnages, que j’ai pourtant vraiment appréciés, et qui malgré tous les tourments, n’en restent pas moins des adolescentes.

En revanche, j’ai aimé les descriptions, et notamment celles de tout ce que peuvent subir les adolescents noirs qui osent commettre l’affront de venir se mêler aux blancs. Je trouve que c’est de ce point de vue très direct et cela donne un côté important et fort au récit, montrant vraiment le combat de ces étudiants et de ceux qui les ont soutenus malgré l’opposition très forte et clairement majoritaire, jusqu’au directeur, clairement hostile aux nouveaux venus.

En somme, cela a donc été une bonne lecture pour moi, que j’ai trouvé intéressante et fidèle aux événements et à leur violence, importante à faire lire aux jeunes adolescents, mais qui reste un peu trop en surface pour moi qui suis déjà plutôt renseignée sur cette période.
C’est un livre que je vous recommande malgré tout, qui se lit rapidement et dont l’écriture m’a plu.

Ma note : 14/20


Tous Nos Jours Parfaits, Jennifer Niven


Titre : Tous Nos Jours Parfaits
Auteur : Jennifer Niven

Genre : Contemporain YA
Maison d'édition : Gallimard Jeunesse
Date de sortie : 17 septembre 2015
Nombre de pages : 371
Prix : 17€90


"Un beau roman sur les problèmes parfois dévastateurs de l'adolescence, mais aussi sur les premiers amours."



Tous nos Jours parfaits est probablement l’un des livres les plus tristes sur l’adolescence que j’ai pu lire. Mais il n’en reste pas moins une superbe histoire.

Nous y retrouvons deux adolescents, Finch, jeune garçon à la situation familiale compliquée, qualifié de “dérangé” et peu apprécié, et Violet, jeune fille bonne élève, de bonne famille, mais marquée par le décès de sa soeur Eleanor deux années plus tôt. S’ils partagent certains cours aux lycée, ils vont s’adresser pour la première fois la parole en haut du clocher de l’école, chacun se demandant quelle sensation ils éprouveraient en sautant… et en mettant fin à leurs jours.

Finch décide juste après de se mettre avec Violet pour leur travail de géographie de fin d’année, dont le but est de découvrir des lieux clés de l’Indiana, l’état assez désolé et en apparence dénué d’intérêt dans lequel ils habitent.
Finalement, au travers de leurs balades et de leur redécouverte de l’état, c’est comme le dit la couverture “L’histoire d’amour de Violet qui réapprends à vivre avec Finch qui veut mourir.” Une belle histoire, avec une romance entre les deux personnages que j’ai trouvé touchante, pas trop rapide, et qui m’a vraiment fait vibrer.

Mais Tous nos Jours parfaits est avant tout l’histoire de deux adolescents dépressifs et suicidaires, aux souvenirs lourds à porter. N’ayant pas regardé grand chose au sujet du livre avant de me plonger dedans, je dois dire que j’étais très surprise par cet aspect du livre, qui est décrit de manière directe, effrayante parfois.

Ce livre aborde énormément de thèmes, la dépression, le deuil, la violence, le harcèlement scolaire, … mais aussi les premiers amours. Car c’est également une romance absolument superbe, et toutes les marques d’affection de Finch à Violet ne peuvent pas laisser indifférent, tant l’amour qui unit les personnages est fort et unique.
J’ai beaucoup aimé l’alternance des points de vue entre Finch et Violet, et l’écriture de Jennifer Niven de manière générale, ponctuée de citations nombreuses de la littérature anglophone.
Ce roman est absolument captivant, et si je l’avais pu, c’est tout à fait le livre que j’aurais lu d’une traite malgré ses 375 pages tellement le récit est prenant et les personnages attachants.

Les personnages secondaires; parents de Violet, psychologues du lycée, amis, … ne voient finalement pas les choses aussi graves qu’elles le sont réellement, ou bien déforment la réalité, n’apportant pas de soutient aux deux adolescents dans le besoin. Les parents de Violet, notamment, s’inquiètent pour Finch sans tellement se rendre compte que la situation de leur fille n’est pas si éloignée.

Le message qui se dégage du récit, un message d’espoir tout en soulignant l’importance de l’aide à ceux qui en ont besoin est très beau, et on ressent son importance pour l’auteur, qui explique dans les remerciements qu’un de ses amis de l’époque avait décidé de mettre fin à ses jours, et que tout cela l’avait profondément marquée. Elle y souligne également l’importance du soutient aux “survivants”, ceux qui restent alors que les autres partent.

Une magnifique découverte que je ne m’attendais pas à faire, mais la réputation de ce livre est absolument justifiée, et l’histoire plaira très certainement aux friands des romances adolescentes (comme le superbe Eleanor & Park), mais également aux autres.
Un roman qui porte un véritable message, qui traite de sujets durs, mais qui est également une superbe histoire, émouvante.          

Ma note : 18/20


dimanche 10 juillet 2016

La Voie des Oracles, tome 1 : Thya, Estelle Faye


Titre : La Voie des Oracles, tome 1 : Thya
Auteur : Estelle Faye

Genre : Fantasy YA
Maison d'édition : Scrinéo
Date de sortie : 9 octobre 2014
Nombre de pages : 337
Prix : 16€90


"Un excellent premier tome, à l'univers riche, l'écriture développée, envoûtante, et les personnages attachants, qui donne très envie d'en lire plus."



La Voie des Oracles est une série de fantasy historique destinée aux adolescents écrite par Estelle Faye, une auteure française, et publiée chez Scrinéo. Le troisième et dernier tome est paru ces derniers mois.

L'action prend place dans la Gaule antique, alors que celle ci est sous domination romaine. Les anciens dieux, créatures fantastiques, devins et oracles ont été combattus plusieurs années auparavant, et leurs rares survivants vivent cachés, toujours traqués et condamnés à mort si leur existence était révélée au grand jour..
C'est dans ce contexte que nous retrouvons Thya, la jeune fille d'un ancien héros militaire. Depuis sa prédiction de la mort de sa propre mère lors de son adolescence, Thya connaît sa place d'oracle, et son père lui a permis de vivre cachée en Aquitania.

Alors que Thya voit en rêve la mort de ce dernier à la chasse, son père est en effet victime d'un complot, et la jeune femme va devoir fuir à travers le pays. Ses prédictions lui font prendre le chemin de Brog, le lieu de l'affrontement qui a fait de son père un héros aux yeux de tout le pays quelques années plus tôt. Traquée par son propre frère et ses nombreux alliés, Thya va devoir faire preuves de ressources et s'associer avec divers personnages : le maquilleur Enoch, l'ancien soldat Mettius, ...
Son rôle est important et ses actions surveillées par un faune chargé de veiller sur elle, contraint lui aussi à se cacher.

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier tome, l'histoire est entraînante dès les premières pages, les personnages attachants et travaillés, et on prend un réel plaisir à vivre avec eux cette aventure.

Les diverses créatures croisées au fil des chapitres montrent la complexité de l'univers créé par Estelle Faye : dans cette Gaule antique, faunes, anciens dieux, devins, ondines, homoncules et autres peuples se côtoient. La construction des relations entre chaque personnage, toujours reliée à la fameuse Bataille de Brog, est détaillée et donne envie d'en apprendre chaque fois un peu plus sur l'univers imaginé par l'auteur.
Les points de vues sont nombreux sans embrouiller le lecteur, permettant une vision plus complète de l'univers et de ses tenants.
Et si la vérité n'était pas celle que tous connaissent ? Et si les récits qui ont bercé l'enfance de Thya s'avéraient erronés ?

L'écriture d'Estelle Faye est riche, son vocabulaire développé, et elle porte parfaitement le récit, créant une atmosphère envoûtante. Tellement envoûtante que lors de l'attaque de notre petite troupe dans les bois par des larvae sorties directement des enfers, je me suis retrouvée pour la première fois devant un roman avec le cœur au bord des lèvres, à lire tout en détournant les yeux et me forçant à couper le passage pour respirer, malgré tout attirée par le roman et happée par ma lecture.

Comme vous l'aurez compris, ce premier tome est une franche réussite !
J'ai beaucoup aimé l'ensemble du récit construit par l'auteur, ses personnages attachants, son écriture captivante et toutes les pistes lancées pour les tomes suivants. J'ai déjà hâte de me replonger dans cet univers ou de manière plus générale dans un autre roman de l'auteur pour retrouver cette écriture qui m'a tant plu.




☆ Ma note : 17/20




J’ai lu ce livre dans le cadre du bookclub organisé par Hélène Ptitelfe, je vous mets le lien du live sur sa chaîne ICI (pour ceux qui ont déjà lu le livre, sinon vous risquez de vous faire spoiler l'histoire) ainsi que celui du bookclub pour le tome 2 ICI, dont la date n’est pas encore définie.

mardi 5 juillet 2016

Là où tombent les Anges, Charlotte Bousquet

Titre : Là où tombent les Anges
Auteur : Charlotte Bousquet

Genre : Historique YA
Maison d'édition : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Date de sortie : 3 septembre 2015
Nombre de pages : 392
Prix : 17€


"Un superbe livre historique, un récit poignant et fort sur la première guerre mondiale à travers la vie des femmes mais également le point de vue de soldats dans les tranchées."


Là où tombent les Anges est paru chez Gulf Stream dans la collection électrogène. C’est un roman qui me faisait envie depuis longtemps par tous les avis excellents que j’avais pu voir dessus. J’ai voulu m’y plonger sans trop en savoir pour pleinement apprécier ma découverte de l’histoire et de son auteur.

Le récit se passe essentiellement à Paris, entre 1912 et 1920. Nous y retrouvons Solange, une jeune femme de 17 ans dans les premières pages, qui décide de fuir sa campagne natale et son père qui la bat pour vivre sa vie rêvée à Paris, où son amie Lili est déjà partie.
Elle découvre alors le Paris de la fin des années folles et commence à travailler dans un grand magasin, où elle fait la rencontre de Clémence.

Peu à peu, chacune commence à construire sa vie : Lili part faire carrière en Amérique, Clémence tombe amoureuse de Pierre, et Solange se marie avec Robert Maximilien, bon parti mais dont elle n’est pas amoureuse et ne le sera jamais. Elle part alors vivre avec ce dernier chez sa tante Emma, une vieille femme aigrie. Entre celle-ci et Robert qui devient peu à peu de plus en violent et jaloux, Solange n’est pas heureuse.
Lorsque la première guerre mondiale éclate, et que les hommes sont mobilisés, elle y voit un soulagement et l’occasion de s’affranchir de son mari.

Le récit alterne entre un point de vue qui suit Solange, ce qu’elle consigne dans son journal, et de très nombreuses lettres, entre Solange et ses amies, mais également celles du front, avec les lettres de Marthe, qui s’est engagée comme infirmière, Lili lorsqu’elle décide de chanter pour les soldats, Robert qui ne s’en sert que pour demander des approvisionnements, mais surtout les magnifiques échanges entre Pierre et Clémence.

Pierre est un personnage que l’on ne connaît qu’à travers ses lettres mais c’est un personnage pour moi phare de ce roman, réel lien entre les femmes et les horreurs de la guerre. Ses lettres sont dotées d’une très belle plume mais décrivent les violences et difficultés du front avec une très grande précision, donnant un aspect réaliste impressionnant à ce roman.

“Parfois, je me sens comme un cadavre en sursis, et je suis tout étonné d’avoir survécu à une sortie où à une simple journée.
C’est pour ça, ma Clémence, que tes lettres et tes colis sont si importants : grâce à eux, je me rappelle qui je suis. Grâce à eux, je me rappelle notre vie, notre monde. Et tu ne peux pas savoir combien c’est important. Ça donne un sens à tout, même à ce qui n’en a pas. Comme à l’exécution du malheureux Constant, hier à l’aube. Constant n’avait pas vingt ans et il a été fusillé. Pourquoi ? Parce qu’il a craqué, parce qu’il n’en pouvait plus de tuer, parce qu’il se pissait dessus chaque fois que l’ordre était donné de monter à l’assaut, parce qu’il a voulu fuir un cauchemar éveillé.”

Ce travail historique est absolument remarquable, et renforcé par les extraits de presse d’époque, les faits réels et même le rôle de certains personnages historiques réels dans le récit.

Ce livre m’a captivée dès les premières pages, et j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. J’ai trouvé cela magnifique et très réussi de nous faire autant vivre l’histoire, et exactement comme Solange, on se retrouve malgré nous à espérer que Robert ne revienne jamais de la guerre, sans oser le formuler par égard pour toutes celles qui espèrent revoir leurs fils ou maris, et tout spécialement pour Pierre et Clémence.

Les personnages sont très soignés mais on retrouve presque chez tous un penchant pour le rêve malgré les horreurs de l’époque. Lili rêve de gloire et de reconnaissance, Solange rêve de liberté, autant d’expression que dans les gestes, Clémence et Pierre rêvent de vivre leur amour. J’ai également beaucoup apprécié le personnage de la tante Emma et tout ce qu’il a à nous dévoiler.

Ce récit superbe est profondément féministe. On y suit les histoires de jeunes femmes fortes, déterminées et travailleuses, dont la vie va se retrouver complètement bouleversée par la guerre. Solange n’est finalement pas la plus concernée car les revenus de son mari lui permettent de continuer à ne pas travailler, mais les conditions de travail difficiles et l’angoisse des autres personnages est palpable. Elle s'engage autrement, et se mets à écrire des articles pour les journaux, qui finiront refusés car trop "pessimistes", réalistes.

L’écriture de Charlotte Bousquet est superbe et très en phase avec son récit. Le style est très écrit et soigné, un peu à la manière des romans de l’époque, mais en même temps accessible, et destiné au plus grand nombre.

C’est pour moi un roman magnifique et une énorme réussite sur le plan historique de la part de l’auteur. Je ne peux que vous recommander ce roman prenant et qui change de l’ordinaire. J’ai déjà hâte de pouvoir me replonger dans les écrits de Charlotte Bousquet, que je suis ravie d’avoir pu découvrir.

☆ Ma note : 20/20



vendredi 1 juillet 2016

Sous la même étoile, Trois coeurs à l'unisson, de Kelley York


Titre : Sous la même étoile, Trois coeurs à l'unisson
Auteur : Kelley York

Genre : Contemporain YA
Maison d'édition : PKJ
Date de sortie : 16 juin 2016
Nombre de pages : 285
Prix : 17,90€


"Un bon concept de base mais des personnages masculins qui ne m'ont pas assez plu pour faire vivre le récit et quelques facilités qui m'ont gênée."



Ce livre est paru le 16 juin aux éditions PKJ. Je l’ai pour ma part reçu en service presse de la part de la maison d’édition, que je remercie.

On y suit l’histoire de Hunter et Ashlin, demis-frère et soeur, qui décident après leur bac de prendre une année sabbatique afin de la passer après de leur père, en convalescence d’un accident. Ils vont également retrouver Chance, un jeune adolescent et ami d’enfance, sur ce lieu de tous leurs étés. Mais assez rapidement, Ashlin comme Hunter vont commencer à développer des sentiments pour le mystérieux jeune homme, tout en se rendant compte que ce dernier cache quelques lourds secrets.

Arrivant exactement un an après le merveilleux Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, de Benjamin Alire Saenz, avec le même style de couverture et quelques thèmes en commun, j’avais très hâte de découvrir ce livre, espérant un nouveau coup de coeur, et qui sait, à nouveau une place dans mon TOP 10 annuel.

Finalement, je suis ressortie de ma lecture un peu mitigée, et j’ai préféré laisser passer une semaine (de partiels!) avant de rédiger mon avis sur le livre.

Tout d’abord, je dois dire que j’ai été très prise par l’histoire, que j’ai trouvée entraînante et surprenante, ce qui a fait de ma lecture un agréable moment, et que j’ai beaucoup accroché avec le personnage d’Ashlin, la plus mature du trio.
J’aurais aimé voir davantage son point de vue, que je trouvais plus touchant et plus intéressant que celui de son demi-frère Hunter, jeune homme très partagé et hésitant (ce qui je dois l’avouer n’est pas vraiment un trait de caractère que j’apprécie de manière générale), même si la vision de celui-ci sur les événements aurait vraiment pu me toucher et porter le récit.

Hunter est à la base en couple avec Rachel depuis quelques temps, mais celle-ci est décrite de manière presque systématiquement négative (en dehors de son intelligence) et le passage où elle est présente montre une évidence sur les sentiments d’Hunter, enfin, évidence pour tous sauf pour lui.
J’ai trouvé que rendre Rachel détestable et contradictoire à ce point rendait le scénario un peu facile et du coup ne justifiait pas tant d’hésitation.

Le troisième personnage du trio, son pilier central, Chance, m’a quand à lui intriguée, et son histoire que l’on découvre au fil des pages m’a plu, mais je dois dire que je n’ai pas beaucoup apprécié son caractère, ce qui a beaucoup contribué à mon avis mitigé sur le livre. Tout comme avec Margo, dans La Face Cachée de Margo, de John Green, mon manque d’affection pour le personnage auquel tout se raccroche et qui est à l’origine même de l’histoire m’a empêché de vivre pleinement le roman.

Je trouve cela dommage que le thème de l’homosexualité n’ait pas été davantage creusé, je pense qu’il y avait vraiment de quoi faire, sur les interrogations d’Hunter, le regard d’Ashlin, de Rachel, de leur père, où de manière plus générale des villageois par exemple.

Malgré tout, j’ai bien aimé l’écriture de l’auteur et je pense que celle ci à beaucoup de potentiel pour rédiger des histoires touchantes sur le monde adolescent. Son prochain roman traduit en français est prévu à l’automne 2016 chez PKJ et j’ai hâte de voir ce dont il s’agira.

Globalement, ce livre m’a donc plutôt plu et entraînée, mais j’ai un peu l’impression d’être passée à côté, surtout en raison des personnages masculins auxquels je ne me suis pas attachée. Je ne garde pas de grands souvenirs de ma lecture même si elle m’a fait passer un bon moment sur le coup.

Ma note : 13/20